Je revois ton visage quand je ferme les yeux. Je devine ton regard, effacé. Ton sourire, discret mais présent. Je perçois, aussi, ta douleur. Ton coeur qui suinte, se déverse dans ton corps. T'affiches un sourire, admirablement bien accroché sur tes lèvres. Tu rigoles, à pleine gorge, et puis tu bois, à grosse gorgées. Pas souvent, une fois de temps à autre, tout de même. Le masque mis en place, la pièce fonctionne à merveille. Standing-ovation. Le public applaudie et n'a rien saisi de l'histoire, de ton histoire, de ton cauchemar. S'évader, le plus loin possible. Loin des pleurs, loin des peurs.
Metteur en scène. Tu orchestres ta vie, et t'autorise peu de repis. Il faut se noyer, le plus profondément possible, boire la tasse, et ne remonter qu'une fois épuise. Il faudra essorer le corps-éponge, prendre le temps de le sécher et puis respirer à nouveau Combien de temps ça te prendra? 2 mois, 4 mois... Qui sait? Ca prendra le temps que ça prendra. Comme à chaque fois. Il t'a fallu 4 ans pour te soigner. Pour cicatriser de son absence. Combien t'en faudra-t-il pour lui? 6 mois, 1 ans...
Tu as peur de ce qu'il va se passer, comment vas-tu réagir quand tu atterriras? Tu as peur, que tout change, que ta pire ennemie revienne. Ressentir cette solitude, encore plus fortement que les autres fois. Te sentir seule à en mourir sur place. Regarder les photos du passé, regretter et chialer. Lorsque tout est fini depuis bien longtemps. Que les aiguilles ont tourné. Que le soleil maintes et maintes fois se soit couché. A ce moment là, comme à chaque fois. Tu te renfermeras




